27.01.2010

Les intérêts économiques français en Afrique

 

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J'étais très récemment à une conférence d'intelligence économique sur la défense des intérêts économique français en Afrique Sub-Saharienne, donnée à l'école militaire de Paris.

Ayant moi-même grandi dans cette région du monde, j'étais curieux de voir quel serait le discours d'un ex-ambassadeur de Côte d'Ivoire notamment.
Et autant le dire, j'ai été agréablement surpris par son réalisme, sa franchise et son envie de présenter les choses "telles qu'elles sont".

En effet, je m'attendais plutôt au traditionnel discours démagogique indiquant basiquement qu'il fallait soutenir les entreprises françaises dans leur croissance internationale en appliquant les règles et principes théoriques du commerce international.
Or, quiconque connaît l'Afrique sait que sur le terrain, les choses sont tout autres.

Bien que ne pesant que 2 à 3% dans le commerce international, l'Afrique est un merveilleux continent présentant de nombreux enjeux face au futur. Pour en témoigner, la présence croissante de belles ambassades américaines, l'"envahissement" annoncé du continent par la Chine, et la toujours présente françafrique.

Dans la course aux ressources qui fonde notre chère économie, dont le système actuel implique de s'en accaparer la propriété en premier, le berceau de l'humanité devient objet de toutes les convoitises.
L'eau, les terres cultivables, les ressources minières, les réserves de gaz naturel, de pétrole, d'uranium, sont autant d'éléments que l'Afrique abrite en abondance, et qui rendent la pauvreté de sa population encore plus incohérente.
Une population qui a dores et déjà atteint le milliard, soit près de 15% de la population mondiale, et qui dégage moins de 3% du PIB mondial.

Certains ne considèrent dès lors l'Afrique que comme un gigantesque fournisseur de matières premières, là où d'autres la considèrent comme une terre d'accueil, où il est bon de faire des affaires. Ces derniers chercheront plutôt à s'installer en Afrique, à la développer (car là est leur intérêt), là où les premiers cités chercheront avant tout à mettre la main sur ses ressources, pour mieux les exploiter ailleurs. Autant dire que pour ceux-là, le développement du continent africain n'est pas une priorité, au contraire... La hausse des prix générée par celle des revenus liés à la croissance ne leur serait pas forcément favorable par rapport à leurs coûts d'exploitations, sachant que le bénéfice lié à la hausse des cours ne leur profite que tant que le propriétaire foncier n'a pas les moyens d'exploiter convenablement ses terrains.

C'est notamment pour cette raison qu'il est fondamental que les leaders Africains ne laissent jamais la propriété des ressources en des mains étrangères... à moins que ne soient édictées des conditions draconiennes forçant la participation au développement, en employant, formant, qualifiant et rétribuant à juste rémunération la main d'oeuvre locale.

L'Afrique ne doit pas être la région du monde où l'on vient se servir, contre rétribution certes, mais rétribution à court terme d'éléments qui n'apportent qu'une satisfaction éphémère. S'il s'agit d'argent, il est directement placé en Occident. S'il s'agit de patrimoine, comme des palais de la culture, des assemblées nationales, ou tout autre beau bâtiment, autant dire que ça n'apporte pas grand chose à la population, d'autant plus lorsqu'elle n'est pas invitée à la construction...
Mais nous ne nous attarderons pas davantage sur ces éléments que tout le monde n'ignore pas.

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